sylvia plath > la vie (part II)
“Ainsi il me reproche de “chercher à dominer” ? Désolée, il y a erreur. C’est vrai que je redoute un peu d’être dominée. (Y a t-il des gens dont ce n’est pas le cas ? Seulement des individus soumis, dociles, des chiffes molles - ce que nous ne sommes ni l’un ni l’autre.) Cela ne signifie pas que je cherche, ipso facto, à dominer. Il ne s’agit pas d’une alternative entre tout noir ou tout blanc, du style : “Ou je prends le dessus, ou bien c’est toi.” Tout ce que je demande c’est un équilibre. Et ce que je refuse, parce que cela serait d’une injustice trop énorme, c’est que les désirs et les intérêts de l’un soient constamment subordonnés à la promotion de l’autre.”
“Et qu’est-ce que c’est d’être heureuse ? C’est de toujours continuer. Il y a toujours mieux à faire que ce que j’ai fait et, éperonnée par la douce illusion du progrès, je vais tâcher de progresser, de me pousser plus loin, plus loin dans la connaissance. Toujours.”
Sylvia Plath, Journal, Printemps 1952.